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Une Gare de téléphérique dans les Alpes
- Histoire du Chalet -

Vivre à 1500 mètres d'altitude en Savoie sans habiter une station de sports d'hiver ? Difficile, à moins, peut-être, de dénicher une gare de téléphérique… C'est ce qui est arrivé à Jean-Marc PETIT en 1988, au cours d'une promenade à moto aux environs de La Plagne.

Le bâtiment, édifié sur un dou (monticule promontoire), lui apparaît émergeant des nuages… "Un flash", se souvient-il aujourd'hui. Il tombe aussitôt amoureux du lieu, édifié en 1957 pour acheminer le sable et le plomb argentifère extraits des mines proches.
"Et les ricanements ont commençé !" car sa future maison ne fait rêver que lui. Pire, elle provoque une répulsion quasi unanime : "moche", "trop isolée", "un gouffre financier", bref "une mine de soucis", l'entourage ironise mais Jean-Marc fait la sourde oreille. Certes, il ne s'agit, pour l'instant, que d'un hangar décati juché sur des pylônes rouillés, mais ce belvédère de béton jouit d'un emplacement exceptionnel, plein sud, en lisière d'une forêt, sur le domaine skiable de la station.

La rénovation lui donnera raison.

Trois ans de travaux qu'il effectuera pour l'essentiel lui-même, avec le souci de respecter la première vocation du lieu. Tout démolir et ne garder que la dalle pour construire un chalet de bois lui semble "grotesque" : il va donc conserver la structure du bâtiment et composer avec son passé industriel.

Envahi par la végétation, encombré par l'enchevêtrement des poutrelles d'acier, des mécanismes, rails, et autres structures métalliques, le volume intérieur est resté jusqu'alors secret. Il ne le découvre véritablement qu'après débroussaillage. Quelle surprise : "32 mètres de long par 8 mètres de large : un tunnel sans fin !". Pour minimiser cet effet de couloir, il percera de grandes baies de part et d'autre des extrémités, puis adjoindra à chacune une large terrasse de bois.

Le volume trouve ainsi une nouvelle respiration : "une double exposition nord-sud, 256 m2 d'un seul tenant, la perpective était étonnante". Jean-Marc est tenté de laisser cette pièce gigantesque sans cloison mais la nécessité de créer les chambres des enfants le raisonne... L'espace sera finalement divisé en deux avec, d'un côté la partie jardin d'hiver avec des chambres d'hôtes, et, de l'autre sa cuisine ouverte sur un séjour et ses vues imprenables sur le Mont Blanc.

Récupérateur dans l'âme, le nouvel occupant s'est efforcé de préserver aussi un grand nombre d'éléments symboliques de l'activité d'autrefois. Les rails, les treuils, les poulies, la charpente en fer et, bien entendu, les petits wagonnets d'acier qui charriaient le minerai vers la vallée. L'histoire de ces vestiges le touche. En Tarentaise, dans les années 1960, l'éclosion des stations de sports d'hiver de grande altitude modifie l'économie régionale. C'est ainsi que la naissance de La Plagne mettra un terme à l'activité des mines. C'est ce patrimoine délaissé qui participe à la magie de ce domicile insolite où trônent toujours les imposantes manettes de la machinerie. Quant aux wagonnets disséminés entre le jardin et le salon , il profitent désormais d'une retraite heureuse, recyclés en paisibles bacs à plantes, assoupis au soleil.